Dès que l’on parle de crédit, on a l’impression de parler d’escroquerie, d’arnaque, de quelque chose de sale, dont il ne faut pas parler. En gros, parler de crédit, c’est comme parler d’une maladie tabou, d’une gêne, d’une honte qu’il ne faut pas dévoiler. Les français ont en général une relation étrange avec l’argent, très différente de ce que l’on peut voir dans les pays anglo-saxons : il est honteux, presque, d’être riche. Mais il est tout aussi honteux d’acheter quelque chose à crédit : dans l’imaginaire collectif, une personne qui achète à crédit est une personne qui veut avoir l’air d’être riche, sans forcément avoir les moyens de vivre par ce standard.
Cette logique est dangereuse. Si on a honte de parler du crédit, si le crédit est quelque chose qu’il ne faut pas évoquer, comment peut on faire pour réellement connaitre les risques, les dangers, ou même les avantages pourquoi pas, d’un crédit? On ne peut pas. D’où la raison de ce blog. Parlons du crédit, de l’argent, de façon décomplexée! Internet permet de toute façon un anonymat pour ceux qui le souhaitent bien utile.
Les risques du crédit
Le principal danger, ou plutôt, la principale conséquence d’un mauvais crédit, je pense que tout le monde en est conscient, c’est le surendettement. C’est à dire qu’on n’a plus assez de rentrées d’argent pour payer ses dettes. Mais comment faire pour en arriver là? Et que provoque le fait de ne pas pouvoir rembourser ses dettes?
Ne plus pouvoir rembourser ses dettes
Si on ne rembourse plus ses dettes, qu’est ce qu’on risque? Et bien c’est simple, et pour faire court : tout ce que les créanciers pourront vendre vous appartenant sera vendu pour qu’ils puissent se rembourser. Vous pouvez donc vous retrouver tout simplement à la rue! La seule solution pour tenter de s’en sortir est de monter un dossier de surendettement, dont je vous ai déjà longuement parlé dans un article précédent.
Un crédit, c’est pour longtemps
Le premier danger du crédit, c’est d’oublier que ce qui est vrai dans notre vie aujourd’hui, ne le sera plus forcément dans un futur plus ou moins proche. Notre vie évolue, parfois favorablement, mais aussi défavorablement. Lorsque l’on prend un crédit sur 20 ans, il faut se demander si dans 20 ans on sera toujours capable de le rembourser, ce crédit. Et évidemment, plus le crédit est long, et plus les chances d’avoir un accident de la vie qui empêcherait de rembourser le crédit sont grandes. C’est pour cette raison que les taux d’intérêts sont toujours supérieurs sur les crédits de longue durée : le risque pour la banque est également plus grand. C’est également pour cette raison qu’un rachat de crédit, qui permet de rallonger la durée des remboursements pour payer moins cher chaque mois est l’une des activités les plus rentables de la banque : au final, la banque ou l’organisme de crédit fini par gagner plus d’argent! Plus un crédit est long, plus la banque gagne de l’argent, si, bien sûr, tout se passe bien (pas de retard de paiements).
Le crédit n’est pas flexible
En plus de durer longtemps, un crédit est en outre très peu modulable. On ne peut pas rembourser comme on veut, il faut suivre un plan de remboursement défini à l’avance, avec une quantité d’argent fixe à intervalles réguliers (typiquement tous les mois). La majorité des crédits immobiliers par exemple ne permettent pas de modifier le plan de remboursement qu’au bout de deux ans du début du crédit, même si on veut rembourser plus vite. De plus, les changements au plan de remboursement sont souvent payants! Avant de prendre un crédit, il faut bien savoir si on a la capacité de rembourser tous les mois cet argent, pendant toute la durée du crédit. Un crédit, ça s’adapte difficilement!
Le taux variable
Pour pouvoir profiter de la baisse éventuelle des taux d’intérêts, beaucoup d’établissements bancaires et sociétés de crédit proposent des crédits à taux variable. Un crédit à taux variable, c’est un crédit dont les taux d’intérêts peuvent changer, en conformité avec l’évolution des taux d’intérêts du marché. Ceci peut bien sûr être intéressant si on a la chance de posséder une boule de cristal! Ce type de crédit a donc un taux d’intérêt inférieur qu’un crédit à taux fixe, mais peut très rapidement s’avérer beaucoup plus cher qu’un crédit à taux fixe : il suffit que la Banque Centrale Européenne relève son taux directeur, pour que votre taux variable dépasse le taux fixe.
Il vaut mieux prendre un taux fixe lorsque de toute façon les intérêts bancaires sont très bas, comme c’est le cas lorsque les taux sont en dessous de 5%, et il vaut mieux prendre un taux variable si les taux sont très élevés, par exemple au dessus de 15%, ce qui pourrait laisser envisager une baisse très probable dans un futur proche! Ce type de taux très élevé n’est plus vraiment possible à court terme semble-t-il, avec le contrôle de la BCE. Mais on se souviendra que nul ne peut vraiment prédire l’avenir sur 20 ans, 20 ans étant la durée de crédit immobilier moyenne…
Il existe sinon des crédits à taux variable limités : votre taux ne pourra évoluer que entre deux valeurs, par exemple entre 3 et 6%. Cette solution peut sembler pertinente pour certains cas, si vous faites le pari que le taux baissera plutôt qu’il ne montera. Personnellement, pour mon crédit immobilier, j’ai choisi, j’ai pris un taux fixe, beaucoup plus sûr, sur le long terme! Je sais que je paierais cette somme là tout les mois, sans aucune mauvaise surprise, tant pis si les intérêts ont beaucoup baissé depuis le début, au pire je renégocie mon emprunt.
Ne pas renégocier son crédit
L’un des dangers les plus discrets d’un crédit, c’est d’oublier de le renégocier si il existe une opportunité. Imaginons que vous ayez contracté un emprunt il y a dix ans, avec un taux d’intérêt de 8%. Aujourd’hui, vu que les intérêts sont beaucoup plus bas, il est peut-être avantageux de faire un emprunt sur la somme restante à rembourser pour arrêter de payer un crédit à 8% de taux d’intérêt! Le nouvel emprunt lui serait avec le taux d’intérêt actuel, c’est à dire 3 ou 4%, vous faisant faire des économies. On appelle ça également un rachat de crédit, mais qui n’a pas d’autre but que de vous faire payer moins de taux d’intérêts : vous pouvez garder la même durée de remboursement, avec une mensualité plus petite, ou rembourser plus rapidement si vous le souhaitez. Pour cette raison, il est souvent judicieux de renégocier ses crédits en cours avec son banquier si les taux d’intérêts sont beaucoup plus bas qu’à l’époque où vous aviez contracté votre prêt. Attention toutefois : il ne faut pas oublier dans le calcul les frais de dossier éventuels qu’une telle procédure pourrait engager, ce type de renégociation est avantageux sur de gros montants (crédit immobilier), pas forcément sur votre crédit auto de 3 ans!
Arnaque au crédit entre particuliers
Ici, c’est un peu de bon sens : il ne faut pas tomber dans les schémas d’arnaque au crédit, où des gens sans scrupules proposent de prêter de l’argent aux particuliers, moyennant le paiement d’importants frais de dossier. Bien sûr, on ne revoit plus jamais ces soit disant particuliers qui prêtent de l’argent, et on a perdu l’argent des frais de dossier. J’ai écrit un article sur l’arnaque des crédits entre particuliers, je vous conseille de le lire si vous cherchez un particulier qui puisse vous prêter rapidement de l’argent.
Avoir trop de crédits
C’est tout bête : à cause de l’inexistence d’un véritable fichier interbancaire du crédit, permettant à n’importe quel organisme financier de savoir si vous avez d’autres crédits en cours ou pas, les banques et autres organismes financiers peuvent vous prêter de l’argent alors que vous êtes déjà trop endettés! On ne se rend pas forcément compte qu’on est déjà trop endettés, on prend un petit crédit à gauche, un petit crédit à droite, on paye avec sa carte de paiement d’un grand magasin, et voila, on remarque qu’on a du mal à rembourser chaque mois la totalité des crédits. Si le fichier interbancaire existait, ceci n’arriverait évidemment pas. A chacun de surveiller ses dépenses, et de ne pas vouloir vivre au dessus de ses moyens!
Autres articles du crédit relatifs
Tags: argent, banque, BCE, immobilier, particuliers, surendettement, taux d'intérêts, taux directeur
Cet article a été publié le 20 juillet 2009 à 21:31.
Vous pouvez suivre les réponses avec le flux RSS 2.0.