Il existe deux formes de tontines, qu’il convient de bien distinguer.
La première forme correspond à de l’épargne, qui est en général très bien rémunérée. Vous bloquez une somme d’argent pour des dizaines d’années, sans pouvoir voir l’évolution de la rémunération annuelle. Cet argent, sorti du circuit bancaire habituel, n’est plus assujetti aux impôts, et n’est plus compté comme faisant partie du patrimoine : c’est un avantage indéniable pour les personnes redevables de l’ISF, l’impôt sur la fortune. Au bout de 15 ans au minimum en général, l’argent « retrouvé » est toujours rémunéré à un taux supérieur au marché. C’est un investissement qui se fait ainsi sur le très long terme, profitable pour ceux qui peuvent se permettre de bloquer une somme importante sur un important nombre d’années.
La deuxième forme de tontine est d’origine africaine. Un groupe de personnes décide de mettre de l’argent en commun, et de faire des virements réguliers à ce « pot commun ». C’est un système d’entraide, que l’on pourrait assimiler à une assurance : cet argent commun est là pour aider l’un des membres du groupe. L’argent investi génère des revenus, qui seront redistribués sur accord des différents membres.
Il ne faut donc pas parler de la tontine, mais des tontines! Nous parlons bien souvent de choses très différentes qui n’ont finalement que peu de rapports entre eux, mais que les gens ont tendance à confondre. Nous allons aborder dans le Blog du Crédit les différentes tontines, et apprendre à bien les distinguer : on peut passer assez rapidement d’une simple arnaque à un placement très sérieux, comme vous pourrez le constater. Pour commencer, la définition « classique » de ce qu’est une tontine:
Définition de « tontine »
La tontine, au début, a été inventée par Lorenzo Tonti, un banquier de Naples en Italie, qui proposa ce nouveau système à Mazarin. On peut voir que ça ne date pas d’hier! Avec cette tontine, chaque souscripteur verse de l’argent, ici à l’état, qui fera fructifier cet argent. Les membres de la tontine profiteront chaque année des dividendes, de l’argent que rapporte l’argent investi chaque année. A la mort d’un des membres, son capital sera partagé entre les souscripteurs restants : les dividendes rapportent de plus en plus pour chaque souscripteur. Le dernier souscripteur étant l’état, c’est lui qui garde la somme finale, récoltant au passage un joli financement.

On le voit, ce système est une sécurité pour « plus tard », un investissement à très long terme, et s’apparente à une rente viagère. Il fonctionne bien si un certain nombre de souscripteurs initiaux meurent avant nous : moins il y a de personnes dans la tontine, plus les dividendes sont gros. Par contre, on ne laisse rien à ses héritiers avec ce système initial…
Cette première tentative de financement de l’état fut refusée par le Parlement, et ne sera acceptée que plus tard, pour financer une guerre : dans l’urgence, tout les moyens sont bons pour trouver de l’argent. Cette première tontine sera un échec, avec très peu de souscripteurs. Ces tontines, très en vogue chez les anglo-saxons, furent peu à peu abandonnées : l’état ne gagne que si les souscripteurs ne vivent pas trop longtemps! Hors, l’espérance de vie augmentant régulièrement, l’état, au lieu de gagner, perdait de l’argent.
Définition actuelle de « tontine »
Une tontine, c’est une association de personnes qui mettent un capital en commun pour acquérir un bien qui sera la propriété du survivant.
Cette définition actuelle est une évolution, on le voit, de la tontine originelle. Les particuliers peuvent donc également se faire une tontine entre eux, pour financer, par exemple, un appartement : il suffit de deux personnes pour faire une tontine. L’état le faisait lui pour financer une guerre ou de grands travaux publics.
Dans notre prochain article, nous aborderons la tontine et ses avantages (ou inconvénients) dans le cas de l’achat d’un bien immobilier : appartement, maison…
